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Aménagement responsable

Les Sècheries

 
Malgré les bonnes intentions des professionnels de la ville et des décideurs, les innovations dans les projets urbains, qui visent à réduire notre impact sur l’environnement ou à réinventer des solidarités, restent souvent mal comprises et mal vécues par les futurs occupants. Aux Sécheries, aquitanis a tenté d’expérience de remettre la qualité d’usage et la compétence habitante au cœur du processus de projet pour donner un lieu inachevé, rendant possible une infinité d’histoire de vie, d’appropriation et de partage de son logement et du parc. Le quartier n’est pas livré clé en main, il est donné à finir et à vivre à ses futurs occupants.

Inscrit dans la ZAC Quartier de la Mairie concédée en 2003 à aquitanis par Bordeaux Métropole, le projet urbain des Sècheries a été profondément remanié en 2010, à l'aune des nouveaux enjeux d'agglomération millionnaire, d'une meilleure intégration des questions environnementales et d'une plus grande ambition portée par les élus bèglais.

Les Sècheries : vivre dans un parc habité

Le projet est d’abord un projet de paysage, entre le parc urbain de la Mairie et les grands domaines naturels du delta vert qui relie la Garonne au parc de Mussonville. Le parc des Sècheries est constitué d’espaces publics (voiries, venelles, jardins publics) et d’espaces extérieurs privés au pied des nouvelles résidences. Les arbres existants ont été conservés et les terres excavées sont maintenues sur site, proposant, en lieu et place des clôtures, un paysage de talus et de noues qui délimite les espaces publics, communs et individuels.

Le projet urbain des Sècheries s’inscrit également dans la filiation des réflexions du programme des 50.000 logements porté par Bordeaux Métropole depuis 2010. Il développe 450 logements plus grands et moins chers, en locatif social, accession sociale et accession libre maîtrisée (autour de 2850 € TTC/m² hors parking pour un marché à 3250€). Tous ces logements collectifs, installés dans le parc, proposent des qualités identiques à celles de la maison individuelle : espace extérieur généreux (en plein terre pour ceux au rez-de-chaussée), accès individuel, flexibilité-modularité-évolutivité de la cellule-logement, pièce en plus pour recevoir, bricoler, travailler…

Pour constituer le parc et dégager l'espace à la biodiversité, le jeu, le jardinage ou la détente, la voiture n’avait plus sa place à proximité des logements. L'ensemble du stationnement a été mutualisé dans un parking en cœur du quartier, induisant de nouveaux usages et un autre rapport à la mobilité.

Pour refondre le projet à partir de 2011, aquitanis a engagé, avec l'aide d'arc en rêve, une démarche originale en atelier avec l'ensemble des acteurs (collectivités, opérateurs, maitres d'œuvre). Nous avons ainsi définit et tenu dans le temps un socle d'intentions fondatrices, inspirées de références urbaines et sociales, de témoignages, de débats critiques ou de jeux de rôle. Le projet s'est construit sans image, sans plan masse, sans prescriptions urbaines et architecturales, uniquement autour d'une volonté commune à laquelle chaque groupement d’opérateur immobilier / architecte vient répondre à sa manière.

Les professionnels réunis autour le projet, aussi clairvoyants soient-ils, ne peuvent prédire ni les usages à venir dans le parc, ni les volontés d’occupation des « pièces en plus », ni même l’appropriation des terrasses ou l’organisation précise des logements. Le projet se veut donc flexible et inachevé, le maximum de marge de manœuvre devant être laissé aux futurs habitants, de l’adaptation et du niveau de finition de la cellule logement, à l’appropriation du parc et la gestion collective des espaces mutualisés.

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